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Royal Air Maroc vise 200 avions et doit fiabiliser son hub

Royal Air Maroc change d’échelle : rentabilité, 69 avions, Skytrax 2026, hub de Casablanca et défis opérationnels derrière une croissance record.

Boeing 787-9 Dreamliner de Royal Air Maroc
Photo : Anna Zvereva / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0

Royal Air Maroc veut atteindre 200 avions d’ici 2037, contre environ 69 aujourd’hui. Selon son contrat-programme avec l’État marocain, ce développement doit renforcer le hub de Casablanca. Mais il faudra préserver la ponctualité, maîtriser les coûts et garantir les correspondances.

Le transporteur a retrouvé les bénéfices et agrandi son réseau. Pourtant, sa marge reste étroite. Les nouveaux avions ne suffiront pas sans une organisation adaptée à l’augmentation du trafic.

Royal Air Maroc retrouve des bénéfices, avec une marge étroite

Le rapport marocain sur les établissements et entreprises publics annexé au projet de loi de finances 2026 présente les résultats de 2024. Le chiffre d’affaires atteint 19,944 milliards de dirhams, le résultat d’exploitation 605 millions et le bénéfice net 473 millions.

IndicateurDernière donnée publique
Chiffre d’affaires 202419,944 Mds DH
Résultat d’exploitation 2024605 M DH
Résultat net 2024473 M DH
Marge nette2,4 %
Passagers 20258 millions
Ponctualité annoncée 202582 %
Flotte communiquée69 appareils
Âge moyen de la flotte12 ans

La marge nette avoisine donc 2,4 %. Or une hausse du carburant, des coûts de financement ou des perturbations prolongées pourrait l’éroder. Le soutien de l’État facilite les investissements, sans garantir leur rentabilité.

Royal Air Maroc appartient presque entièrement à des acteurs publics marocains. Ainsi, son contrat-programme associe objectifs commerciaux et connectivité du territoire. Les prochains comptes devront distinguer croissance du trafic et création de valeur.

Casablanca devient le pivot d’un réseau international

La compagnie déclare avoir transporté huit millions de passagers en 2025. Son réseau annoncé compte désormais plus de 100 destinations.

Pour l’été 2026, près de 8,2 millions de sièges étaient programmés, soit 23 % de plus qu’un an auparavant. AeroSillage a détaillé ce programme. Cependant, l’offre accrue multiplie aussi les vols à coordonner.

La ligne Casablanca–Los Angeles illustre l’ambition intercontinentale. Depuis 2020, l’appartenance à oneworld étend également les correspondances commerciales proposées.

Pour les voyageurs en transit, un billet doit déboucher sur un parcours complet. Il faut donc des horaires compatibles, des bagages transférés et des informations cohérentes entre compagnies.

De 69 à 200 avions, un défi pour les équipages et l’aéroport

Royal Air Maroc annonce environ 69 avions, âgés de 12 ans en moyenne. Sa flotte associe notamment des Boeing 787, des 737 MAX 8, des 737-800 et des appareils régionaux.

Le contrat-programme 2023–2037 vise 200 avions. Pour y parvenir, il faudra recruter et former équipages, mécaniciens et agents au sol. Les livraisons ne garantissent donc pas la régularité des rotations.

À Casablanca, le projet de nouveau terminal doit accompagner la croissance. Toutefois, les créneaux, les portes et le traitement des bagages devront aussi suivre.

Un avion en retard peut compromettre plusieurs correspondances. Dès lors, les équipes doivent réacheminer les voyageurs et leurs bagages, avec une complexité croissante.

Ponctualité et service après-vente, le test du hub

Royal Air Maroc revendique 82 % de ponctualité en 2025. Néanmoins, les informations examinées ne précisent ni la méthode de calcul ni le périmètre exact. Ce chiffre reste donc une déclaration de la compagnie.

Les avis en ligne évoquent des difficultés liées aux bagages, aux remboursements et au service client. Pourtant, ces témoignages ne sont pas représentatifs de tous les passagers. Les notes relevées après la publication initiale ne sont pas reprises.

Skytrax place Royal Air Maroc au quatrième rang des compagnies africaines en 2026. AeroSillage a présenté sa distinction régionale. Toutefois, un classement de service ne mesure pas la ponctualité du réseau.

Après une correspondance manquée, le passager attend un réacheminement et une information fiable. Ainsi, la qualité de cette réponse compte autant qu’un taux annuel.

Concurrence européenne et risques de croissance

Ryanair, easyJet et Transavia concurrencent les lignes directes Maroc–Europe. En revanche, Royal Air Maroc se distingue davantage par les correspondances et le long-courrier.

Le tourisme, les déplacements de la diaspora et les investissements aéroportuaires soutiennent la demande. À cette dynamique s’ajoute l’échéance de la Coupe du monde 2030 pour les infrastructures.

Mais une demande soutenue ne compense pas un réseau mal organisé. Les prochains bilans devront donc éclairer la marge, la régularité des vols et les correspondances assurées à Casablanca.

Méthodologie et sources

Les chiffres financiers proviennent du rapport marocain sur les établissements et entreprises publics, annexé au projet de loi de finances 2026. Les données de flotte, de trafic et de ponctualité sont celles de Royal Air Maroc. Ainsi, le taux de 82 % n’est pas présenté comme une mesure indépendante. Les classements et avis ne mesurent pas les mêmes dimensions du service.

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