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Aer Lingus EI402, le pilote aurait refusé d’atterrir à Évreux

Le parquet d’Évreux enquête sur le pilote du vol Aer Lingus EI402, qui aurait d’abord refusé de se poser sur la base militaire. Aucun explosif n’a été retrouvé et les passagers ont été acheminés vers Roissy.

Airbus A320 d’Aer Lingus immatriculé EI-DEH photographié à Amsterdam-Schiphol en juillet 2013, image d’archive.
Photo : Alf van Beem / Wikimedia Commons

Le pilote du vol Aer Lingus EI402 aurait d’abord refusé d’atterrir sur la base militaire d’Évreux, jeudi 5 novembre 2026, après une alerte à la bombe. Une enquête a été ouverte sur ce refus présumé. Deux chasseurs français ont escorté l’Airbus A320, parti de Dublin pour Rome. Ses 151 passagers et six membres d’équipage ont été mis en sécurité. Aucun explosif n’a été découvert. Dans la soirée, les voyageurs ont quitté la base en autocars vers Roissy.

À Évreux, le parquet enquête sur un refus présumé d’atterrir

Le procureur de la République d’Évreux, Rémi Coutin, veut comprendre les décisions prises dans le cockpit. D’après le magistrat, le pilote irlandais du vol EI402 aurait d’abord refusé l’ordre de rejoindre la base aérienne 105. Il préférait se poser sur un aéroport civil, selon le parquet.

Dans un communiqué du parquet relayé par l’AFP jeudi soir, Rémi Coutin confirme l’ouverture des investigations. Il précise qu’elles n’en sont qu’à leur début. L’atterrissage à Évreux a finalement nécessité l’intervention de deux avions de chasse français.

Matignon indique, de son côté, que le pilote n’a pas coopéré comme les autorités l’attendaient. Le Premier ministre a alors ordonné l’interception et l’escorte de l’appareil, selon les déclarations de Matignon rapportées par RTL.

Rémi Coutin évoque une possible infraction au Code des transports. Il a annoncé une audition libre du pilote et n’excluait pas, à ce stade, une garde à vue ultérieure. Toutefois, l’enquête doit encore établir les instructions exactes et les circonstances de ce refus présumé. Aucune responsabilité pénale n’est établie.

Deux avions de chasse escortent l’Airbus Aer Lingus jusqu’à Évreux

L’Airbus A320, immatriculé EI-DEH, assurait la liaison Dublin–Rome-Fiumicino. Une alerte à la bombe a interrompu le vol alors qu’il traversait l’espace aérien français. L’équipage a signalé une urgence, puis l’appareil a modifié sa trajectoire près de Paris.

Selon la chaîne irlandaise RTÉ, citant les données de Flightradar24, le vol a utilisé le code d’urgence 7700. Celui-ci signale une situation nécessitant une prise en charge prioritaire. Il ne précise pas, à lui seul, la nature du danger.

Les chasseurs de l’armée de l’Air et de l’Espace ont escorté l’avion jusqu’à la base 105, dans l’Eure. L’A320 s’y est posé vers 10 h 05, heure de Paris, sans accident.

Aer Lingus a confirmé un déroutement décidé pour des raisons de sécurité. La compagnie a également indiqué vouloir acheminer ses clients jusqu’à Rome dès que possible. L’issue de l’enquête française ne doit donc pas être confondue avec la gestion immédiate de l’alerte.

Aucun explosif retrouvé, 157 occupants mis en sécurité

Les fouilles de l’Airbus n’ont révélé aucun engin explosif. Le procureur Rémi Coutin l’a confirmé à l’AFP jeudi soir. Ce résultat clôt la vérification de la menace à bord, mais pas l’enquête sur le comportement du pilote.

Les 151 passagers et six membres d’équipage ont quitté l’avion sans blessure signalée. Ils ont été contrôlés par les gendarmes avant leur prise en charge dans un gymnase de la base militaire.

Ensuite, des autocars les ont emmenés en direction de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle. Un journaliste de l’AFP a constaté leur départ d’Évreux jeudi soir. De Roissy, les passagers devaient poursuivre leur voyage vers Rome.

Le déroutement a donc entraîné une rupture du trajet Dublin–Rome, un contrôle de sûreté et un transfert terrestre. En revanche, les sources consultées ne permettent pas de confirmer l’arrivée de tous les voyageurs à destination ni leurs horaires individuels.

Au moins 27 vols visés par des alertes à la bombe en Europe jeudi

La menace visant Aer Lingus s’inscrit dans une journée de fortes perturbations. Reuters recense au moins 27 vols touchés en Europe jeudi 5 novembre. Tous n’ont pas été déroutés : certains ont atterri à destination avant d’être inspectés.

En Bulgarie, trois vols Ryanair ont reçu des alertes. Les avions en provenance de Copenhague et de Madrid ont rejoint Sofia. Celui parti de Londres-Stansted, lui aussi attendu à Sofia, a été dérouté vers Plovdiv.

Un appareil Finnair reliant Helsinki à Rome a été escorté par des avions militaires, puis s’est posé normalement à Fiumicino. La compagnie a aussi signalé une alerte sur son vol Helsinki–Vienne. Selon sa déclaration recueillie par Associated Press, les deux appareils ont atterri sans incident et les recherches n’ont rien révélé de suspect.

En parallèle, un vol Wizz Air Milan–Varsovie a été dérouté vers Vienne. À Prague, la police a inspecté quatre avions, sans découvrir d’objet suspect. Ces mesures ont immobilisé des appareils, mais aucun bilan global fiable ne chiffre encore les correspondances manquées ou les retards cumulés.

Escortes, fouilles et transferts compliquent la reprise des vols

Une alerte à la bombe ne se traduit pas automatiquement par une annulation. Le vol Finnair à destination de Rome a pu atteindre son aéroport prévu. À l’inverse, l’EI402 a terminé sa course sur une base militaire, hors du réseau commercial.

Les services de sûreté doivent alors inspecter l’avion et ses bagages. L’équipage ne peut reprendre son programme que lorsque les autorités lèvent les restrictions. Pour les passagers, le trajet peut aussi nécessiter un transfert terrestre et une nouvelle réservation.

À Évreux, ces conséquences sont concrètes : 157 occupants ont dû débarquer et les voyageurs ont rejoint Roissy en autocar. Pourtant, aucune source consultée ne confirme le nombre de places réattribuées vers Rome. Il serait donc trompeur de présenter leur arrivée comme acquise.

Des alertes successives depuis le 2 novembre, sans lien établi

Deux jours plus tôt, mardi 3 novembre, au moins sept autres vols avaient subi des alertes en Europe. Un Boeing 737 MAX de LOT, parti de Londres-Heathrow, avait été dérouté vers Varsovie-Modlin. À Varsovie-Chopin, un appareil SAS arrivant de Copenhague avait aussi subi des contrôles.

Ces opérations n’avaient pas mis au jour d’explosifs. AeroSillage en avait détaillé les conséquences dans son bilan des sept vols visés en Europe et dans son article sur les deux alertes de Varsovie.

Le 2 novembre, un autre vol Wizz Air reliant Londres à Sofia avait été dérouté sous escorte militaire vers Budapest. Cet incident reste distinct de ceux survenus jeudi.

Enfin, les autorités n’ont pas identifié publiquement d’auteur commun à ces menaces. Le parquet d’Évreux poursuit de son côté ses investigations sur les conditions dans lesquelles le pilote de l’EI402 a reçu, puis suivi, l’ordre de rejoindre la base militaire.

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