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À Bruxelles, les contrôles aux frontières prennent jusqu’à trois fois plus de temps

À Brussels Airport, les contrôles EES peuvent durer deux à trois fois plus longtemps pour certains voyageurs soumis à visa à la pointe du matin. Huit nouveaux guichets sont prévus en décembre.

Bornes biométriques du système européen d'entrée et de sortie EES photographiées à l'aéroport de Valence en octobre 2025 / Biometric Entry/Exit System EES kiosks at Valencia Airport photographed in October 2025
Bornes EES, Valence (2025) · Mike Peel / CC BY-SA 4.0

Pour certains passagers qui arrivent à Brussels Airport pendant la pointe du matin, passer le contrôle des passeports prend aujourd’hui deux à trois fois plus de temps qu’avant la mise en place du système européen EES. Dans un communiqué publié le 23 octobre 2026, l’exploitant reconnaît des délais importants et annonce huit postes de contrôle supplémentaires d’ici décembre, puis six portiques automatiques début 2027. L’objectif est simple : réduire les files sans renoncer aux vérifications aux frontières.

Le chiffre de deux à trois concerne précisément le temps moyen de traitement des passagers soumis à visa à l’arrivée, pendant l’heure de pointe matinale, et non tous les voyageurs ni l’ensemble de la journée. Cette distinction n’atténue pas le signal envoyé par l’exploitant : malgré des investissements déjà engagés avant l’entrée en service de l’Entry/Exit System (EES), les délais restent trop élevés. Et Bruxelles est loin d’être un cas isolé.

L’EES allonge les contrôles à Brussels Airport malgré des renforts

L’EES a été conçu pour enregistrer numériquement l’entrée et la sortie des ressortissants de pays tiers effectuant de courts séjours dans l’espace Schengen. Il associe les données du passeport à des informations biométriques, notamment une photographie du visage et, selon les cas prévus, les empreintes digitales. Le système doit progressivement remplacer le tamponnage des passeports et améliorer le suivi des franchissements des frontières extérieures. Mais sa mise en œuvre demande du temps aux guichets, surtout lors de la première inscription.

À Bruxelles, une autre difficulté complique le passage : certains voyageurs de pays hors Schengen qui pouvaient auparavant emprunter les portiques automatiques ne peuvent plus les utiliser dans les mêmes conditions. Ils doivent se présenter à un contrôle assuré par un agent. En septembre, après une légère amélioration observée en août, l’allongement des files a de nouveau été constaté, précise Brussels Airport.

Le gestionnaire n’était pourtant pas resté immobile. En 2025, il avait accru le nombre de postes manuels de 20 % à l’arrivée et de 25 % au départ, une progression supérieure à celle du trafic passagers. L’investissement n’a pas suffi à absorber le ralentissement des procédures. La nouvelle décision doit porter en décembre 2026 la capacité des contrôles manuels à l’arrivée 66 % au-dessus de son niveau actuel, grâce à huit guichets supplémentaires. Selon l’aéroport, les capacités manuelles à l’arrivée auront alors doublé en douze mois. Il s’agit d’un objectif annoncé, pas de postes déjà ouverts le 25 octobre.

Six autres portiques électroniques, commandés en mai 2026 auprès de la police fédérale, doivent être livrés début 2027. Leur arrivée représenterait une hausse de 50 % de la capacité des e-gates à l’arrivée. Encore faut-il pouvoir les utiliser pour les passagers concernés. Brussels Airport indique qu’une soixantaine de bornes de préenregistrement avaient été installées, mais que certaines fonctions promises aux voyageurs non européens ne sont toujours pas opérationnelles à cause de problèmes techniques rencontrés par les fournisseurs des autorités publiques.

Des files aux frontières qui menacent les correspondances

Le 12 octobre, ACI Europe et Airlines for Europe, qui représentent respectivement les aéroports et de grandes compagnies européennes, ont dressé un constat encore plus large. Selon leurs remontées, les files aux frontières dans l’espace Schengen dépassent régulièrement deux heures dans certains aéroports et peuvent atteindre cinq heures dans les situations les plus extrêmes. Ce maximum européen ne doit pas être présenté comme une attente mesurée quotidiennement à Bruxelles. Les deux organisations alertent aussi sur des vols et des correspondances manqués, conséquence possible de contrôles imprévisibles.

Les causes évoquées ne se limitent pas au nombre d’agents. Elles comprennent des instabilités informatiques, la disponibilité inégale des bornes libre-service et des portiques, ainsi que le déploiement encore restreint d’une application de préinscription utilisable en amont du voyage. Les organisations professionnelles demandent notamment d’éviter les vérifications biométriques répétées, de faciliter le recours aux passages automatisés et de prévoir une souplesse réglementaire lorsque l’attente devient excessive. Brussels Airport soutient cette démarche, tout en rappelant que le contrôle de sécurité doit être maintenu.

Pour comprendre qui risque de subir ces délais, il faut éviter une confusion courante. Le système EES ne s’applique pas à tous les passagers internationaux. D’après la fiche pratique de Brussels Airport, il concerne principalement les ressortissants de pays extérieurs à l’Union européenne qui entrent ou sortent de Schengen pour un court séjour, avec ou sans visa de courte durée. Les citoyens des pays Schengen, ainsi que ceux de Chypre et d’Irlande, n’ont pas à s’y enregistrer. Les ressortissants de pays tiers titulaires d’un titre de séjour ou d’un visa de long séjour font également partie des exemptions prévues.

Pour un passager concerné, l’enregistrement peut comprendre la lecture du document de voyage, une photographie faciale et la prise d’empreintes, avec une exemption d’empreintes pour les enfants de moins de douze ans. L’inscription n’est pas à recommencer intégralement à chaque voyage : le dossier existant est actualisé lors des franchissements suivants. Cela ne signifie toutefois pas l’absence de contrôle, ni la garantie d’une file rapide.

Quelles précautions prendre ? Vérifier avant le départ si l’EES s’applique à sa situation, garder ses documents de voyage accessibles et tenir compte du temps nécessaire à l’immigration lors de l’organisation d’une correspondance sont des mesures raisonnables. Brussels Airport n’impose pas, à ce stade, une arrivée anticipée systématique : sur sa page d’information, il conseille de venir plus tôt uniquement si une instruction explicite le demande. Ce conseil général ne vaut pas garantie d’un passage rapide à l’arrivée.

Le renforcement annoncé suivra deux étapes : huit postes de contrôle manuels supplémentaires d’ici décembre 2026, puis six portiques automatiques début 2027. Dans l’intervalle, les voyageurs concernés par l’EES restent exposés à des procédures plus longues, surtout à l’arrivée pendant la pointe du matin. Brussels Airport souligne que les équipements ne suffiront pas sans une meilleure utilisation des portiques et des outils d’enregistrement.

Sources : Brussels Airport, communiqué du 23 octobre 2026 ; ACI Europe et Airlines for Europe, plan EES du 12 octobre 2026 ; Brussels Airport, informations pratiques sur l’Entry/Exit System.

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