Aller au contenu
LE JOURNAL DE L’AVIATIONÉDITION FRANÇAISE

Comprendre, décrypter, anticiper.

Accueil › Monde
Monde

Airbus A330 : les inspections s’étendent après la découverte d’outils

Après une découverte en production, Airbus a étendu les contrôles des A330 déjà livrés. Une politique de traitement est attendue auprès de l’EASA à la mi-novembre.

Airbus A330-900neo F-WTTE archival flying photograph
Airbus A330-900neo F-WTTE · Farnborough, 2018 · Steve Lynes / Wikimedia Commons · CC BY 2.0

Airbus étend les contrôles de qualité de ses A330 après la découverte d’outils oubliés dans des empennages horizontaux. Une anomalie révélée en septembre avait perturbé les livraisons estivales. Le 14 octobre, Aviation Week a signalé une découverte chez un client, dans un appareil récemment livré. Le constructeur doit soumettre à l’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) une politique de traitement d’ici la mi-novembre 2026.

L’empennage horizontal, à l’arrière de l’avion, contribue à sa stabilité et au contrôle de son assiette, c’est-à-dire l’inclinaison du nez vers le haut ou le bas. Un outil laissé dans cette structure représente une anomalie industrielle dont le risque dépend notamment de sa position et de sa capacité à se déplacer. Sa découverte ne signifie pas automatiquement que l’avion est devenu dangereux.

Des livraisons ralenties, puis des inspections chez les exploitants

Le 3 septembre, Reuters rapportait la présence d’un outil découvert au cours d’une inspection avant livraison. Airbus confirmait un problème de qualité qualifié d’isolé, assurant en avoir identifié la cause et lancé les corrections nécessaires. Les contrôles supplémentaires avaient contribué à ralentir les livraisons : aucun A330neo n’avait été remis à un client en juin ni en juillet, avant une reprise en août.

Les conséquences se sont ensuite étendues au-delà des usines. Le 2 octobre, Reuters a rapporté qu’Airbus recommandait des inspections sur des A330 déjà livrés, produits entre janvier 2021 et juillet 2026. À partir des données de flotte citées par l’agence, quelque 160 appareils étaient potentiellement concernés, dont environ quinze avions militaires de transport ou de ravitaillement. Ce chiffre correspond à un périmètre estimé de vérification, et non au nombre d’avions dans lesquels des outils ont été retrouvés.

Le constructeur indiquait que les appareils sortant alors de production avaient été inspectés et pouvaient être livrés. Quant aux avions exploités par les compagnies, une recommandation d’inspection n’équivaut pas, en elle-même, à une immobilisation générale.

Une réponse attendue de la part d’Airbus en novembre

Le 14 octobre, Aviation Week a fait état d’un outil découvert par un client dans l’empennage horizontal d’un A330 récemment livré. La question ne concerne donc plus uniquement les appareils présents sur les chaînes de production. Les éléments publics disponibles ne permettent toutefois pas de déterminer avec certitude comment se rattachent entre eux tous les signalements.

Selon le magazine spécialisé, Airbus doit présenter à l’EASA une politique complète de traitement de ces anomalies d’ici la mi-novembre. Le contenu exact des mesures qui pourraient s’imposer aux exploitants reste à préciser. Aucune immobilisation générale de la flotte n’est établie par les informations rapportées.

Dans l’aéronautique, les objets qui ne devraient pas se trouver à bord sont appelés corps étrangers, ou FOD pour Foreign Object Debris. Une pièce ou un outil oublié peut, selon son emplacement, rester sans conséquence immédiate, endommager un équipement ou gêner un mécanisme. C’est pourquoi la fabrication et la maintenance imposent un suivi des outils ainsi que des inspections avant la fermeture des zones difficiles d’accès.

L’affaire ne démontre pas un défaut de conception de l’A330neo. Elle met en cause l’efficacité des procédures industrielles de traçabilité et de contrôle. Pour les compagnies, l’enjeu concret sera de connaître les numéros de série concernés, la nature des vérifications et leur calendrier afin de les intégrer à la maintenance.

AeroSillage a également analysé un autre problème de qualité de fabrication sur l’A321neo, distinct de ce dossier.

Partager

LA PAROLE AUX LECTEURS

Échangeons sur cet article.

Une question, une précision, un point de vue ? Partagez-le avec nous.

Laisser un commentaire

Votre commentaire sera publié après validation par la rédaction. Votre adresse email ne sera pas affichée.

Un lien personnel vous sera envoyé par email pour modifier ou supprimer votre commentaire, sans créer de compte.

Politique de confidentialité