KLM renonce à l’A320neo et réorganise 5 000 postes
KLM abandonne les A320neo prévus pour son réseau européen et réorganise près de 5 000 postes. Le plan présenté le 5 novembre comprend environ 1 000 emplois en moins, des transferts d’activités et un rôle accru pour KLM Cityhopper.

KLM renonce à l’A320neo prévu pour son réseau européen et réorganise environ 5 000 postes. La compagnie néerlandaise a annoncé ce plan jeudi 5 novembre 2026, à Amstelveen. Environ 1 000 emplois doivent disparaître à terme. D’autres activités seront externalisées ou transférées au groupe Air France-KLM. Les Embraer E195-E2 remplaceront les A320 initialement envisagés, mais l’Airbus A321neo restera dans la flotte. L’entreprise vise une amélioration d’un milliard d’euros de son résultat annuel.
Chez KLM, 5 000 postes réorganisés et 1 000 emplois en moins
Le chiffre mérite une distinction. Selon le communiqué officiel du 5 novembre, les 5 000 postes ne correspondent pas à 5 000 licenciements. Quatre mesures différentes composent ce total, certaines déjà engagées.
Depuis le printemps, le travail correspondant à 1 250 postes chez KLM Catering Services est réalisé en partenariat avec gategroup. Ensuite, les activités associées à environ 800 postes dans les services au sol doivent passer chez des prestataires extérieurs.
La direction prévoit également de transférer 2 000 postes à Air France-KLM, dont 1 500 au centre de relation client Cygnific. Enfin, les gains de productivité visés doivent se traduire par quelque 1 000 postes de moins chez KLM.
La compagnie veut donc privilégier les départs naturels, les dispositifs volontaires et les reclassements. Cependant, elle n’a pas encore détaillé toutes les modalités ni le calendrier des transferts à venir.
L’Airbus A320neo écarté au profit de l’Embraer E195-E2
Le plan modifie aussi la composition de la flotte. Les Airbus A320 initialement prévus ne rejoindront pas KLM selon le schéma annoncé. À la place, la compagnie veut davantage d’Embraer E195-E2, exploités par KLM Cityhopper.
Un appareil plus petit peut être mieux adapté aux lignes européennes dont la demande varie. KLM espère ainsi ajuster ses capacités, améliorer les taux de remplissage et réduire ses coûts. Par conséquent, Cityhopper doit prendre plus de place dans les dessertes de correspondance de Schiphol.
En revanche, les Airbus A321neo sont maintenus. KLM prévoit aussi de retirer progressivement ses Boeing 737 et Embraer E190 d’ancienne génération. La simplification de cette flotte devrait faciliter les opérations et la maintenance.
Ce choix concerne le programme propre à KLM. Le communiqué ne chiffre pas les A320 concernés et ne dit pas si le groupe Air France-KLM les réaffectera. Il ne fournit pas non plus de calendrier de livraison pour les Embraer supplémentaires.
À Schiphol, la sous-traitance gagne les bagages et l’assistance au sol
La réorganisation touche particulièrement Amsterdam-Schiphol. KLM veut transférer à des prestataires des activités autour de ses avions européens et la manutention des bagages dans le hall Est.
Dans les terminaux, le transporteur souhaite développer l’enregistrement, l’embarquement et les changements de réservation en libre-service. Les agents devraient alors consacrer davantage de temps à l’accueil et aux cas complexes.
De son côté, le centre de coordination des correspondances doit revoir ses méthodes et ses outils. Ce centre organise le passage des voyageurs et de leurs bagages d’un avion à l’autre. KLM veut mieux utiliser l’espace et les équipements disponibles à Schiphol.
Cependant, aucun programme précis de fermetures de lignes ne découle pour l’instant de ces annonces. La compagnie prévoit de privilégier les routes qui contribuent le plus à son réseau de correspondances, sans publier de liste de destinations supprimées.
Un milliard d’euros de résultat supplémentaire visé
KLM assure avoir déjà obtenu plus de 750 millions d’euros d’améliorations structurelles. Pourtant, les économies réalisées ne suffiraient pas à financer durablement le renouvellement de la flotte et les investissements dans le service.
Selon le communiqué néerlandais de KLM, la compagnie vise un résultat annuel de 1,4 milliard d’euros, soit un milliard d’euros de mieux que son niveau de référence. Cette somme reste un objectif, pas un bénéfice déjà enregistré.
La direction souhaite aussi accroître la productivité d’au moins 8 % d’ici 2028, avec une progression salariale très modérée. Les nouvelles conventions collectives devront donc être négociées avec les organisations syndicales.
Le contexte financier du groupe contraste avec ces difficultés. Air France-KLM a publié ses résultats du troisième trimestre 2026 le même jour. Reuters rapporte environ 1,34 milliard d’euros de résultat opérationnel trimestriel, au-dessus des attentes. Toutefois, les performances du groupe ne font pas disparaître les coûts propres à KLM.
Les syndicats CNV et FNV contestent les conséquences sociales
Les syndicats néerlandais ont rapidement réagi. Dans une déclaration du 5 novembre, CNV décrit une profonde inquiétude pour les emplois et les conditions de travail. Son négociateur Souleiman Amallah demande à KLM des garanties sur les revenus et les perspectives des salariés.
La FNV critique surtout les mesures visant le personnel au sol. Elle redoute une hausse de la charge de travail pour les équipes restantes. Les syndicats demandent aussi des garanties pour les salariés dont les activités passent chez des prestataires.
KLM promet un dialogue avec les représentants du personnel et le recours prioritaire aux départs volontaires. Néanmoins, les modalités pratiques doivent encore être discutées.
Quels changements pour Air France-KLM et les voyageurs ?
Le choix des E195-E2 donne davantage de poids à KLM Cityhopper, tandis que des fonctions seront regroupées au sein d’Air France-KLM. Ce mouvement intervient alors qu’Air France-KLM envisage de prendre le contrôle majoritaire de SAS, sous réserve des autorisations réglementaires.
Pour les voyageurs, un usage accru des Embraer pourrait modifier le nombre de sièges disponibles sur certaines lignes européennes. En revanche, KLM n’a annoncé aucune liste de vols ou de destinations supprimés dans ce plan.
Cette stratégie diffère des réductions de vols déjà prévues pour l’hiver 2026-2027, liées aux immobilisations d’avions pour maintenance. Les deux décisions n’ont donc pas les mêmes causes.
La prochaine étape concerne les négociations sociales et le calendrier industriel. KLM doit préciser le transfert des activités, les conditions de productivité et le sort des A320 initialement envisagés.




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