Air France-KLM prépare la prise de contrôle de SAS, le cap des 60,5 %
Air France-KLM vise 60,5 % du capital de SAS. Après une étape réglementaire en septembre 2026, le groupe attend les autorisations nécessaires pour prendre le contrôle de la compagnie scandinave.

Air France-KLM ne cherche plus seulement à nouer des accords avec SAS. Le groupe franco-néerlandais veut devenir son actionnaire majoritaire et faire de la compagnie scandinave une véritable filiale. La participation envisagée, de 60,5 %, transformerait une coopération commerciale déjà bien installée en prise de contrôle. Mais, au 22 octobre 2026, l’opération reste un projet soumis à des autorisations : aucun communiqué officiel consulté ne permet d’affirmer qu’elle est définitivement conclue.
Ce rapprochement prend une résonance particulière après le choix du Portugal en faveur de Lufthansa dans le dossier TAP, annoncé le 14 octobre. Les deux opérations sont distinctes. Pour Air France-KLM, SAS représente néanmoins une voie de consolidation déjà engagée, avec des implications pour le réseau européen, les correspondances, la fidélisation des clients et la concurrence entre grands groupes.
De 19,9 % à 60,5 %, ce que prévoit réellement l’opération
Le 4 juillet 2025, Air France-KLM a annoncé son intention de racheter la totalité des participations de Castlelake et Lind Invest dans SAS. Le groupe possède déjà 19,9 % du capital depuis la restructuration de la compagnie. L’acquisition des 40,6 points de capital supplémentaires le porterait à 60,5 %, assez pour obtenir le contrôle de SAS et la majorité des sièges au conseil d’administration. L’État danois conserverait 26,4 % ; les autres actionnaires, 13,1 %.
Il ne s’agit donc ni d’un rachat à 100 %, ni d’une fusion annoncée entre les marques Air France, KLM et SAS. La compagnie scandinave garderait une identité commerciale dont l’avenir précis doit être distingué de son contrôle capitalistique. Le prix de l’opération n’a pas été fixé dans le communiqué de juillet : il doit être déterminé à la clôture, notamment à partir de la performance financière, de l’EBITDA et de l’endettement net de SAS. Annoncer un montant définitif serait prématuré.
La date de finalisation envisagée se situe au second semestre 2026, sous réserve des autorisations réglementaires et des conditions suspensives. En février 2026, Benjamin Smith évoquait toujours l’objectif d’une montée au capital d’ici la fin de l’année, selon CAPA. Cela reste un calendrier visé, non une échéance garantie.
La prise de contrôle reste conditionnée aux autorisations réglementaires requises et aux autres conditions de clôture. Le calendrier annoncé demeure donc un objectif, et non la confirmation d’une acquisition achevée.
Les chiffres clés du projet
19,9 % actuellement, 60,5 % envisagés. Air France-KLM prévoit d’acquérir les participations de Castlelake et de Lind Invest, soit 40,6 points supplémentaires, pour devenir actionnaire majoritaire de SAS.
26,4 % pour l’État danois. C’est la part annoncée à l’issue de l’opération ; les autres actionnaires conserveraient 13,1 %.
Une prise de contrôle encore conditionnelle. La clôture était visée en 2026, mais dépend des autorisations réglementaires et des autres conditions prévues. Ces chiffres décrivent le projet annoncé, pas une transaction finalisée.
Pourquoi la Scandinavie compte dans la stratégie du groupe
SAS apporte davantage qu’une liste de destinations. Sa présence historique à Copenhague, Stockholm et Oslo donne accès à des marchés scandinaves où la demande mêle déplacements professionnels, liaisons intérieures et correspondances internationales. Pour Air France-KLM, déjà puissant à Paris-Charles-de-Gaulle et Amsterdam-Schiphol, la question stratégique consiste à articuler ces réseaux plutôt qu’à simplement juxtaposer trois compagnies.
Depuis l’été 2024, Air France, KLM et SAS ont développé des accords de partage de codes et des correspondances interlignes. L’arrivée de SAS dans SkyTeam a renforcé ce rapprochement. Une majorité au capital ouvrirait la voie à une intégration plus poussée des décisions commerciales et opérationnelles, ainsi que des programmes de fidélité, comme l’indique le groupe lui-même. Cela ne signifie pas que toutes les lignes, fréquences ou conditions de voyage seront immédiatement modifiées.
Le redressement financier de SAS constitue un autre élément déterminant. La compagnie est sortie en août 2024 de son processus de restructuration aux États-Unis et en Suède. Dans son rapport annuel 2025, elle rappelle la recomposition de son actionnariat autour de Castlelake, de l’État danois, d’Air France-KLM et de Lind Invest. L’opération envisagée prolongerait donc une restructuration déjà réalisée, plutôt qu’un sauvetage décidé dans l’urgence.
Les bénéfices possibles pour les passagers concernent surtout la lisibilité des correspondances, les itinéraires communs, la reconnaissance des avantages de fidélité et l’accès à un réseau plus vaste. Mais l’effet précis sur les billets, les horaires ou le nombre de destinations ne peut être anticipé sans annonces commerciales détaillées. Une intégration capitalistique ne garantit pas, en elle-même, une baisse des tarifs.
La consolidation soulève aussi un enjeu concurrentiel. En contrôlant SAS, Air France-KLM disposerait d’une position renforcée en Europe du Nord, face à Lufthansa Group, à IAG et aux autres transporteurs. Les autorités doivent précisément examiner les effets de ces rapprochements sur les marchés concernés. L’approbation éventuelle peut s’accompagner de conditions ; aucune mesure corrective particulière ne doit être présentée comme décidée sans document officiel.
Au 22 octobre, le fait central est donc clair : Air France-KLM poursuit un projet documenté de contrôle majoritaire de SAS, mais sa réalisation n’est pas encore établie. Les prochaines étapes décisives seront les décisions réglementaires, la fixation du prix et l’annonce formelle d’une clôture. C’est à ce moment-là seulement que le groupe pourra parler de SAS comme d’une filiale effectivement contrôlée.
Sources : Air France-KLM, 4 juillet 2025 ; SAS, 4 juillet 2025 ; rapport annuel SAS 2025 ; CAPA, 20 février 2026.




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