Quelques dizaines de mètres, à l’échelle d’un avion de ligne, c’est presque rien. Les pilotes d’un Boeing 737-800 d’American Airlines ont signalé avoir aperçu un drone très près de leur appareil après un décollage de Chicago-O’Hare. Le récit, publié le 14 octobre, concerne le vol AA1936 du samedi 10 octobre à destination de Newark. Selon le compte rendu rapporté par le site spécialisé AIRLIVE, la distance estimée par le commandant de bord serait de 100 à 200 pieds, soit environ 30 à 60 mètres.
L’appareil concerné est identifié par cette source comme le Boeing 737-800 N893NN. Après son départ de la piste 22L, l’équipage aurait effectué une procédure de montée normale avant d’apercevoir un aéronef télépiloté à proximité, vers 7 000 pieds. Aucun choc, aucune manœuvre d’évitement brusque et aucun dommage ne sont rapportés. Le vol a poursuivi son trajet jusqu’à Newark et s’est posé normalement.
La distance reste une estimation d’équipage, pas une mesure officielle établie par enquête. Le signalement est suffisamment sérieux pour appeler l’attention, mais les informations publiques consultées ne comprennent pas à ce stade de rapport d’investigation détaillé de la FAA permettant de reconstituer la trajectoire des deux appareils ou de confirmer leur séparation exacte. Affirmer qu’une catastrophe a été évitée de justesse dépasserait donc ce qui est connu.
Sur le plan technique, les pilotes disposent de procédures de veille visuelle, mais un petit drone peut être très difficile à repérer depuis le cockpit. Sa silhouette réduite, sa vitesse relative et la brièveté d’une rencontre limitent le temps de réaction. Contrairement aux avions commerciaux équipés pour coopérer avec le contrôle aérien, de nombreux petits drones ne transmettent pas les informations nécessaires pour apparaître comme une cible classique sur les équipements anticollision embarqués.
La distance indiquée repose sur le signalement attribué à l’équipage et non sur une mesure indépendante publiée. Cette nuance compte : l’enquête éventuelle doit établir la nature de l’objet, sa position et les circonstances de la rencontre. En attendant, le risque général des drones à proximité des trajectoires aériennes ne doit pas transformer une observation rapportée en collision avérée.
Le survol d’espaces proches d’un grand aéroport est strictement encadré aux États-Unis. Les restrictions dépendent des zones de contrôle, des autorisations accordées aux télépilotes et de l’altitude. Un appareil sans pilote présent sur une trajectoire fréquentée d’approche ou de départ peut donc poser une question réglementaire autant qu’opérationnelle. Le risque éventuel ne tient pas seulement à la collision : une présence inattendue peut contraindre un équipage à modifier sa conduite de vol à un moment où sa charge de travail est déjà élevée.
Le fait que le vol soit arrivé sans difficulté à Newark ne doit ni dramatiser rétrospectivement l’événement ni en banaliser le signalement. Il montre plutôt la difficulté de gérer, autour des grandes plateformes, des objets volants petits et parfois mal identifiés. Une confirmation de la FAA ou des données supplémentaires permettrait de mieux apprécier la gravité réelle de cette rencontre.
Sources : AIRLIVE, 14 octobre 2026 ; Historique AA1936, Flightradar24.




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