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Il gonfle un gilet de sauvetage avant le décollage, Jetstar et Qantas le bannissent

Sur le vol Jetstar JQ768, un passager gonfle son gilet avant le décollage. La police l’attend à Adélaïde et Qantas et Jetstar l’interdisent de vol.

Airbus A320 Jetstar VH-VFF photographié en 2017 / Jetstar A320 VH-VFF photographed in 2017.
A320 Jetstar VH-VFF (2017). © Ev Brown, CC BY 2.0, .

La consigne expliquait qu’un gilet de sauvetage ne devait être gonflé qu’en quittant l’avion. Hugh Lovett a pourtant tiré sur la poignée du sien, en pleine démonstration de sécurité. Ce geste, filmé à bord d’un vol Jetstar entre Sydney et Adélaïde, lui a valu d’être attendu par la police australienne à l’arrivée, puis interdit de voyage sur les lignes de Jetstar et de Qantas. Une vidéo destinée aux réseaux sociaux s’est ainsi transformée en affaire de sécurité aérienne.

Les faits remontent au vendredi 16 octobre 2026, avant le décollage du vol JQ768. Dans une séquence diffusée sur les réseaux par le compte The Lovetts, dont Hugh Lovett fait partie avec ses frères, le passager apparaît muni d’un gilet de sauvetage. Pendant que l’enregistrement des consignes explique à quel moment le gonfler, il actionne le dispositif. Le gilet se déploie aussitôt autour de son cou et de son buste. La coïncidence avec le message de sécurité constitue précisément le ressort de la vidéo. La chaîne australienne 7NEWS a relaté l’épisode et reproduit la position de la compagnie.

La démonstration n’avait pourtant rien d’un atelier pratique : aucun exercice n’était en cours et l’équipage n’avait demandé à personne de gonfler un gilet. L’équipement de secours venait de servir d’accessoire pour une vidéo, diffusée ensuite sur les réseaux sociaux. Dans sa réaction, Jetstar a insisté sur l’interdiction de manipuler sans autorisation les équipements d’urgence et sur le respect des consignes de l’équipage.

La police à l’arrivée, puis une interdiction de voyager sur deux compagnies

Le vol a rejoint sa destination, à Adélaïde. À l’arrivée, des agents de la police fédérale australienne (AFP) ont accueilli l’appareil ; des images montrent Hugh Lovett accompagné par les policiers. Les comptes rendus de TravelTalk et de Aviation24.be confirment cette intervention. Il faut distinguer cette présence policière d’une éventuelle sanction pénale : aucune poursuite n’avait été publiquement annoncée dans les informations consultées, et le détail des suites judiciaires éventuelles n’était pas établi.

La conséquence confirmée vient du groupe Qantas, auquel appartient Jetstar. Hugh Lovett est interdit de voyage sur les vols des deux compagnies, et pas seulement sur la liaison concernée. La durée de cette exclusion n’a pas été rendue publique. Il ne s’agit pas, selon les éléments disponibles, d’une interdiction générale de prendre l’avion prononcée par les autorités australiennes, mais d’une mesure décidée par les transporteurs.

Interrogée par la presse australienne, Jetstar a rappelé que les passagers doivent respecter les instructions de l’équipage et ne peuvent ni retirer ni manipuler un équipement de sécurité sans y être invités. La compagnie a également affirmé qu’elle ne tolère pas les comportements susceptibles de mettre en danger les voyageurs ou le personnel. Ces déclarations ont été rapportées par 7NEWS. Le message dépasse donc la simple réprobation d’une plaisanterie : la gestion des équipements d’urgence relève de procédures sur lesquelles l’équipage doit pouvoir compter.

Pourquoi gonfler un gilet dans la cabine peut devenir dangereux

La scène peut sembler anodine parce qu’aucune évacuation n’était en cours. Mais l’ordre des gestes a une raison précise. Lors d’un amerrissage d’urgence, le gilet peut être enfilé avant de sortir ; son gonflage doit attendre que le passager ait quitté l’avion. Une fois rempli d’air, il devient volumineux, entrave les mouvements et peut compliquer le franchissement d’une issue ou le déplacement dans un espace encombré.

Le danger est encore plus net si l’eau pénètre dans la cabine. La flottabilité d’un gilet déjà gonflé peut empêcher son porteur de se déplacer efficacement sous l’eau jusqu’à une sortie. L’autorité australienne de sécurité de l’aviation civile, la CASA, détaille ce risque dans sa circulaire consacrée à l’amerrissage : elle recommande de ne gonfler le gilet qu’une fois dégagé de la structure de l’appareil. Ce principe technique est le même que celui énoncé dans les démonstrations de sécurité à bord.

Dans l’incident Jetstar, rien n’indique qu’une évacuation ait eu lieu ou que le vol ait dû être interrompu à cause de ce geste. Le risque décrit est donc un risque de sécurité potentiel, et non un accident qui se serait effectivement produit. C’est une nuance importante : la gravité d’une manipulation inappropriée ne se mesure pas seulement à ses conséquences immédiates, mais aussi à l’utilité de l’équipement et aux procédures qu’elle peut compromettre en situation réelle.

Le numéro JQ768 correspond à une liaison régulière Sydney–Adélaïde, dont l’historique de vols identifie un Airbus A320 immatriculé VH-VFF le 16 octobre. L’incident lui-même s’est déroulé avant le départ et a trouvé son prolongement après l’atterrissage : alors que les consignes étaient devenues le décor d’une vidéo, leur importance opérationnelle a finalement été rappelée par une décision d’exclusion touchant deux compagnies aériennes.

Sources : 7NEWS, 22 octobre 2026, faits et déclarations Jetstar ; TravelTalk, 23 octobre, suites policières et interdiction ; Aviation24.be, vol JQ768 et sanction ; View from the Wing, séquence diffusée en ligne ; CASA, circulaire AC 91-09 v1.1 sur l’amerrissage ; Flightradar24, historique de JQ768.

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