Un préavis de grève nationale a été déposé pour les personnels navigants relevant de la législation française, du samedi 17 octobre 2026 à 00 h 01 au mercredi 21 octobre à 23 h 59. Le mouvement est porté conjointement par l’UNSA PNC, le SNPNC, le SNGAF, le SNPL France ALPA et l’UNAC. Au cœur du conflit : la réforme du cumul emploi-retraite applicable à partir de 2027 et ses conséquences potentielles sur les personnels navigants et la CRPN, leur caisse de retraite complémentaire.

À ce stade, il s’agit bien d’un préavis. Il ne signifie pas que les compagnies françaises annuleront automatiquement leurs vols pendant cinq jours. Le niveau réel de perturbation dépendra de la mobilisation, des consignes syndicales qui doivent encore être précisées et des mesures opérationnelles éventuellement prises par les transporteurs à l’approche du 17 octobre.

Un préavis du 17 au 21 octobre 2026

L’intersyndicale appelle les personnels navigants techniques et commerciaux des entreprises de transport et de travail aérien relevant de la législation française à cesser totalement le travail sur les vols opérés entre le 17 octobre à 00 h 01 et le 21 octobre à 23 h 59, heure de Paris.

Le texte est cosigné par cinq organisations représentées au sein de la CRPN :

  • UNSA PNC ;
  • SNPNC ;
  • SNGAF ;
  • SNPL France ALPA ;
  • UNAC.

Le préavis concerne donc à la fois les pilotes et les personnels de cabine. Son champ est national, mais son impact ne sera pas nécessairement identique selon les compagnies, les bases et les catégories de personnel.

Pourquoi les syndicats contestent la réforme du cumul emploi-retraite

Le conflit trouve son origine dans la réforme du cumul emploi-retraite issue de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. L’article 102 modifie le cadre applicable aux assurés qui liquideront leur première pension de retraite de base à compter du 1er janvier 2027.

Pour les personnels navigants, le sujet est particulièrement sensible car leur carrière est encadrée par des règles spécifiques d’aptitude médicale, d’âge de fin d’activité et de retraite complémentaire. Les pilotes et personnels de cabine relèvent notamment de la CRPN, Caisse de retraite du personnel navigant professionnel de l’aéronautique civile.

Les syndicats estiment que l’application du nouveau dispositif pourrait pénaliser les navigants qui poursuivent ou reprennent une activité après liquidation de leurs droits. Ils demandent une exclusion explicite des personnels navigants et de la CRPN du nouveau mécanisme.

Cette inquiétude n’est pas uniquement portée par les organisations syndicales. Une question écrite publiée à l’Assemblée nationale le 28 juillet 2026 a également attiré l’attention du gouvernement sur les conséquences possibles de la réforme pour les navigants, la CRPN et les effectifs des compagnies aériennes.

Ce que dit réellement le texte de loi

Le nouveau régime de cumul emploi-retraite doit s’appliquer aux assurés liquidant leur première pension de vieillesse de base à compter du 1er janvier 2027. Les textes prévoient un encadrement plus strict du cumul entre pensions et revenus d’activité.

Dans leur communication, les syndicats dénoncent une réforme qu’ils jugent « punitive et inadaptée » aux spécificités des métiers de navigants. Ils mettent notamment en avant deux éléments : les contraintes médicales pouvant interrompre une carrière plus tôt que prévu et les limites d’âge propres à certaines fonctions aéronautiques.

Il faut cependant distinguer deux niveaux. Le durcissement du cumul emploi-retraite est bien inscrit dans la loi. En revanche, l’idée selon laquelle l’objectif serait de « renflouer les caisses de l’État » au détriment de la CRPN est une interprétation formulée par les syndicats dans leur tract. Elle n’est pas présentée comme telle dans le texte législatif.

Pourquoi la CRPN est au centre du conflit

La CRPN constitue un élément central du système de retraite des professionnels navigants de l’aviation civile. Les syndicats craignent qu’une modification du cumul emploi-retraite ne modifie l’équilibre entre activité, liquidation des droits et versement de la pension complémentaire.

Leur préavis affirme qu’ils n’ont obtenu, à ce stade, que des garanties qu’ils jugent insuffisantes. Ils évoquent notamment une exemption partielle des personnels navigants par voie de circulaire, sans garantie législative ou réglementaire qu’ils considèrent suffisamment solide.

La revendication principale est donc claire : obtenir une exclusion explicite et durable des personnels navigants et de la CRPN du dispositif de cumul emploi-retraite réformé.

Un risque de départs anticipés avant fin 2026 ?

Le débat ne porte pas seulement sur le montant futur des pensions. Il existe également un enjeu de ressources humaines pour les compagnies aériennes.

La question écrite déposée à l’Assemblée nationale souligne qu’une partie des navigants pourrait être tentée de liquider ses droits avant le 31 décembre 2026 afin de rester sous le régime antérieur. Si ce comportement devait prendre de l’ampleur, il pourrait accélérer certains départs et créer des tensions supplémentaires sur les effectifs.

Cette hypothèse n’est pas encore mesurable à grande échelle. Elle fait toutefois partie des arguments avancés pour demander au gouvernement d’adapter les dispositions avant leur entrée en application en 2027.

Quelles compagnies pourraient être concernées ?

Le préavis vise les personnels navigants des entreprises de transport et de travail aérien relevant de la législation française. Il ne se limite donc pas à une seule compagnie.

En pratique, les effets pourraient concerner plusieurs transporteurs français si leurs pilotes ou leurs personnels de cabine suivent le mouvement. Le niveau de participation pourra cependant varier fortement d’une entreprise à l’autre, selon la représentativité des syndicats, les appels internes et les accords sociaux propres à chaque compagnie.

À ce stade, aucune liste fiable de vols annulés ou de compagnies fortement perturbées ne peut être établie. Toute annonce précise plusieurs semaines avant le mouvement serait prématurée.

Le préavis ne signifie pas cinq jours d’annulations massives

C’est le point le plus important pour les voyageurs. Un préavis ouvre juridiquement la possibilité de faire grève pendant une période donnée, mais il ne permet pas de connaître à l’avance le taux réel de participation.

Les compagnies ajustent généralement leurs programmes au plus près du mouvement, lorsqu’elles disposent de davantage d’informations sur les effectifs disponibles et les éventuelles obligations de service. Des annulations, regroupements de vols ou modifications d’horaires peuvent alors être décidés.

Au 21 septembre 2026, aucune vague d’annulations directement attribuée à ce préavis n’est encore annoncée. La situation devra donc être réévaluée dans les jours précédant le 17 octobre.

En cas de perturbation effective, les voyageurs pourront retrouver notre dossier consacré aux droits des passagers en cas de retard ou d’annulation.

Une grève des navigants n’est pas la même chose qu’une grève du contrôle aérien

Le mouvement annoncé concerne les personnels navigants des compagnies, et non les contrôleurs aériens. La distinction est importante.

Une grève de pilotes ou de personnels de cabine agit directement sur la capacité d’une compagnie à armer ses vols. Une grève du contrôle aérien, elle, peut conduire à des réductions de programme imposées ou coordonnées à l’échelle du trafic national et européen.

Le fonctionnement du réseau en cas de saturation ou de restrictions est notamment coordonné au niveau européen par EUROCONTROL. AeroSillage a récemment expliqué en détail le rôle d’EUROCONTROL dans les plans de vol, les régulations et les créneaux de départ.

Des discussions restent possibles avant le 17 octobre

Dans son préavis, l’intersyndicale indique rester prête à reprendre les discussions avec le gouvernement afin d’obtenir des garanties supplémentaires. Le document précise également que des consignes de grève plus détaillées doivent encore être communiquées.

Le calendrier laisse donc plusieurs semaines de négociation avant le début du mouvement. Le préavis peut être maintenu tel quel, réduit, suspendu ou levé si un accord intervient. À l’inverse, l’absence d’avancée pourrait conduire les organisations à confirmer leurs appels à la mobilisation.

Ce que les passagers doivent retenir pour l’instant

Pour le moment, il n’y a aucune raison d’annuler spontanément un voyage prévu entre le 17 et le 21 octobre. Les billets restent valables tant que les compagnies n’ont pas modifié leurs programmes.

En revanche, les voyageurs ayant un vol sur cette période ont intérêt à surveiller les notifications de leur compagnie à mesure que l’échéance approche. Les premières informations opérationnelles réellement utiles devraient apparaître bien plus près du début du mouvement.

Le fait établi aujourd’hui est donc le dépôt d’un préavis national de cinq jours. L’ampleur réelle de la grève et ses conséquences sur les vols restent encore inconnues.

Sources principales

UNSA PNC — Préavis intersyndical de grève nationale
Assemblée nationale — Question écrite sur la réforme du cumul emploi-retraite des personnels navigants
Légifrance — dispositions relatives au cumul emploi-retraite
Air Journal — préavis de grève des navigants du 17 au 21 octobre 2026

Document source : préavis intersyndical UNSA PNC, SNPNC, SNGAF, SNPL France ALPA et UNAC.

Illustration : visuel officiel du préavis intersyndical UNSA PNC, SNPNC, SNGAF, SNPL France ALPA et UNAC, publié le 18 septembre 2026. Source : UNSA PNC.

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