American Airlines approche d’une décision qui pourrait redessiner sa flotte long-courrier pour les années 2030. La compagnie américaine étudie une campagne pouvant porter sur jusqu’à 65 gros-porteurs, principalement pour préparer le remplacement de ses 47 Boeing 777-200ER. Le choix est d’autant plus stratégique qu’Airbus reste en lice face à Boeing, alors qu’American exploite aujourd’hui une flotte long-courrier entièrement composée d’appareils du constructeur américain.

Jusqu’à 65 appareils pour préparer les années 2030

American ne parle pas nécessairement de 65 commandes fermes : ce plafond pourrait associer appareils fermes et options. Mais l’ordre de grandeur montre l’importance du dossier. Les livraisons sont attendues essentiellement au cours des années 2030, lorsque les 777-200ER les plus anciens devront progressivement quitter la flotte.

La compagnie exploite actuellement 47 Boeing 777-200ER, auxquels s’ajoutent 20 777-300ER et une importante flotte de Boeing 787. Elle dispose encore de 787-9 à recevoir, mais son carnet de commandes long-courrier reste relativement limité au regard de ses ambitions internationales et du renouvellement à venir.

Airbus revient sérieusement dans la course

Le scénario le plus simple serait de poursuivre avec la famille 787. American possède déjà l’infrastructure, les équipages, la maintenance et l’expérience opérationnelle nécessaires. Pourtant, la direction a confirmé que la compétition entre Airbus et Boeing restait ouverte.

Parmi les solutions évoquées, l’Airbus A330-900neo apparaît comme un candidat crédible. Une sélection de l’A330neo constituerait un changement spectaculaire : American a retiré ses anciens Airbus A330 hérités d’US Airways pendant la pandémie et exploite depuis une flotte gros-porteurs exclusivement Boeing.

Le 787 garde un avantage considérable

Boeing dispose néanmoins d’un atout majeur : la continuité. American exploite déjà les 787-8 et 787-9. Ajouter de nouveaux Dreamliner, éventuellement des 787-10 selon les besoins de capacité, réduirait les coûts et la complexité liés à l’introduction d’une nouvelle famille d’avions.

La compagnie doit donc arbitrer entre la simplicité opérationnelle offerte par Boeing et les conditions industrielles et commerciales qu’Airbus pourrait proposer. Dans une industrie où les créneaux de livraison sont devenus une ressource stratégique, la disponibilité des appareils au début de la prochaine décennie peut peser presque autant que leurs performances.

Pourquoi American doit décider longtemps à l’avance

Le remplacement des 777-200ER n’est pas urgent à quelques mois près. American continue d’investir dans ses appareils existants et prépare des améliorations de cabine et de connectivité. Mais commander un gros-porteur aujourd’hui signifie souvent attendre plusieurs années avant sa livraison.

Cette contrainte oblige les grandes compagnies à préparer leurs flottes bien avant le retrait effectif des avions concernés. Pour American, la campagne actuelle doit à la fois assurer la relève des 777-200ER et préserver une marge de croissance sur le réseau international.

Un duel industriel particulièrement symbolique

Pour Airbus, gagner même une partie du contrat aurait une portée dépassant le nombre d’appareils. Le constructeur européen réintégrerait la flotte long-courrier de l’une des trois grandes compagnies américaines et romprait l’exclusivité de fait dont bénéficie Boeing chez American sur ce segment.

Pour Boeing, conserver American est tout aussi stratégique. Le 787 est déjà profondément installé dans la flotte et représente la solution naturelle pour prolonger la rationalisation engagée par la compagnie.

La décision finale n’est pas encore annoncée. C’est précisément ce qui rend la campagne intéressante : American semble désormais suffisamment avancée pour que la question ne soit plus de savoir si elle devra préparer l’après-777-200ER, mais avec quel constructeur elle choisira de le faire.

Sources

FlightGlobal — déclarations de la direction d’American Airlines sur la campagne gros-porteurs, septembre 2026.
American Airlines — données de flotte et stratégie de renouvellement long-courrier.
Aviation A2Z — synthèse de la campagne pouvant atteindre 65 appareils, 6 septembre 2026.

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