Air Corsica a désormais immobilisé quatre de ses sept ATR 72-600 après une série d’événements techniques touchant le conditionnement d’air. La compagnie avait annoncé dès le 7 septembre des arrêts préventifs sans en préciser l’ampleur. De nouvelles informations publiées ce 18 septembre indiquent que plus de la moitié de sa flotte turbopropulsée est concernée, tandis qu’ATR et Pratt & Whitney poursuivent leurs investigations.
Ce que l’on sait
Air Corsica avait confirmé début septembre l’immobilisation préventive de plusieurs ATR à la suite d’événements techniques susceptibles d’être liés aux équipements alimentant les systèmes de conditionnement d’air. La compagnie avait alors indiqué que des contrôles approfondis étaient menés avec ATR, le motoriste et les équipementiers.
Selon des informations publiées ce vendredi 18 septembre par le Wall Street Journal, quatre des sept ATR 72-600 d’Air Corsica sont actuellement immobilisés. Des pilotes ont rapporté à plusieurs reprises des odeurs ou fumées dans le cockpit et la cabine ainsi que des migraines. À ce stade, la présence de substances toxiques et l’origine exacte des événements ne sont pas établies : il s’agit précisément de ce que les investigations techniques doivent déterminer.
ATR mène des essais à Toulouse avec Pratt & Whitney. Les appareils d’Air Corsica sont équipés de moteurs PW127XT, dont la compagnie corse a été le premier opérateur mondial à la fin de 2022.
Pourquoi c’est important
L’ampleur de l’immobilisation est significative pour Air Corsica : quatre appareils représentent plus de la moitié de sa flotte de sept ATR 72-600. Ces turbopropulseurs assurent une part essentielle des liaisons de service public entre les aéroports corses et le continent, notamment Nice et Marseille.
La compagnie avait déjà dû annuler 19 vols le 6 septembre. Pour préserver son programme, elle a depuis mis en place un dispositif exceptionnel d’affrètement comprenant notamment un Airbus A319, un ATR 72 et même un Airbus A350 d’Air Caraïbes, avec plus d’une centaine de vols de substitution prévus jusqu’à la fin octobre.
L’affaire dépasse potentiellement le seul programme de vols d’Air Corsica. La compagnie est opérateur de lancement du PW127XT sur ATR 72-600. Il est toutefois trop tôt pour conclure à un défaut générique du moteur, du système de prélèvement d’air ou de la famille ATR : aucune cause systémique n’a été établie à ce stade.
À surveiller
Les prochains éléments déterminants seront les conclusions des essais menés par ATR et Pratt & Whitney, la remise en service progressive ou non des quatre appareils et l’éventuelle identification d’un composant commun aux événements signalés. AeroSillage suivra également toute mesure prise par les autorités de sécurité aérienne si l’enquête devait mettre en évidence un problème dépassant la flotte d’Air Corsica.
Sources
Wall Street Journal, 18 septembre 2026 ; Air Corsica, communications des 7 et 9 septembre 2026 ; ATR ; Corse Net Infos.
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