body.postid-613 .aerosillage-article-content figure.wp-block-image{width:520px!important;max-width:100%!important;margin:22px auto 26px!important;text-align:center!important}body.postid-613 .aerosillage-article-content figure.wp-block-image img{display:block!important;width:100%!important;max-width:100%!important;height:auto!important;aspect-ratio:26/15!important;object-fit:contain!important;object-position:center!important;background:#f5f5f5!important;margin:0 auto!important}body.postid-613 .aerosillage-article-content figure.wp-block-image figcaption{font-size:12.5px!important;line-height:1.4!important;color:#667085!important;margin-top:7px!important;text-align:center!important}@media(max-width:620px){body.postid-613 .aerosillage-article-content figure.wp-block-image{width:100%!important}body.postid-613 .aerosillage-article-content figure.wp-block-image img{aspect-ratio:26/15!important}}

Avant Air France, le ciel français était déjà peuplé de compagnies audacieuses, fragiles, parfois éphémères, mais essentielles à la naissance du transport aérien moderne. Au début du XXe siècle, voyager en avion relève encore de l’aventure. Les appareils sont petits, les infrastructures rudimentaires, la météo redoutée et les réseaux en construction. Pourtant, en moins d’un quart de siècle, la France bâtit plusieurs compagnies qui vont ouvrir des routes vers l’Europe, l’Afrique, le Proche-Orient, l’Asie et l’Amérique du Sud.

Ce premier volet de notre série chronologique revient sur ces pionnières et sur leur devenir. Certaines disparaîtront dans des fusions, d’autres laisseront leur flotte, leurs lignes ou même leur emblème à la compagnie qui naît en 1933 : Air France.

1909 — Compagnie Générale Transaérienne : la doyenne

Dirigeable de la Compagnie Générale Transaérienne dans les années 1910
Compagnie Générale Transaérienne, années 1910 — archive historique. Source : Wikimedia Commons.

Air France fait commencer son propre récit historique en 1909, année de création de la Compagnie Générale Transaérienne. Elle est généralement présentée comme la première compagnie aérienne commerciale française. À l’époque, il ne s’agit pas encore d’un réseau régulier comparable à celui que l’on connaît aujourd’hui : la compagnie exploite notamment des dirigeables et des hydravions pour des promenades et des liaisons vers Reims, Nice, Bruxelles ou encore Lucerne.

Ce modèle appartient à un monde où l’aviation commerciale cherche encore sa forme. La Première Guerre mondiale interrompt brutalement cette première phase de développement, mais la Compagnie Générale Transaérienne reste une étape fondatrice : pour la première fois, le vol n’est plus seulement une démonstration technique ou sportive, il devient une activité commerciale organisée.

Devenir : la compagnie cesse son activité au début des années 1920. Elle ne participe pas directement à la fusion de 1933, mais appartient au terreau industriel et commercial dont naîtront les compagnies de l’entre-deux-guerres.

1918–1927 — Lignes Latécoère : le courrier ouvre la route

À la sortie de la Première Guerre mondiale, l’avion change de rôle. Pierre-Georges Latécoère imagine un réseau postal reliant la France à l’Afrique du Nord puis à l’Afrique occidentale. Les premières liaisons partent de Toulouse vers l’Espagne et le Maroc. Progressivement, le réseau descend vers Dakar.

La logique est simple : le courrier permet de tester et de rentabiliser les lignes avant l’arrivée massive des passagers. Ces vols sont difficiles, les appareils fragiles et les terrains sommaires. Mais la régularité devient une obsession. C’est dans cette culture que se forge la légende de « La Ligne ».

1927–1933 — Aéropostale : la légende française

Latécoère 25 de la Compagnie Générale Aéropostale à Montaudran entre 1929 et 1933
Latécoère 25 de la Compagnie Générale Aéropostale à Montaudran, 1929-1933. Source : Wikimedia Commons.

En 1927, les Lignes Latécoère deviennent la Compagnie Générale Aéropostale après leur rachat par Marcel Bouilloux-Lafont. L’ambition est désormais immense : relier la France à l’Amérique du Sud et jusqu’au Chili.

Didier Daurat impose une discipline opérationnelle sévère. Jean Mermoz, Henri Guillaumet, Antoine de Saint-Exupéry, Marcel Reine et d’autres pilotes deviennent les visages d’une aventure qui dépasse largement l’entreprise elle-même. Le franchissement de l’Atlantique Sud, la traversée de la Cordillère des Andes et les vols au-dessus du Sahara font entrer l’Aéropostale dans l’imaginaire collectif français.

Mais la compagnie est économiquement vulnérable. Après la crise financière mondiale, l’État interrompt ses subventions en 1931 et l’entreprise est placée en liquidation.

Devenir : les actifs de l’Aéropostale sont intégrés au processus qui conduit à Air France en 1933. La compagnie disparaît juridiquement, mais son héritage humain et symbolique reste l’un des plus puissants de l’aviation française.

1919–1933 — Lignes Farman / SGTA : l’Europe par les airs

Farman F.300 de 1930, appareil représentatif des Lignes Farman et de la SGTA
Farman F.300, 1930. Source : Wikimedia Commons / NACA.

Les frères Henri, Maurice et Dick Farman font partie des premiers entrepreneurs du transport aérien commercial. Le 8 février 1919, un Farman F.60 Goliath effectue un vol entre Toussus-le-Noble et Kenley, près de Croydon. Quelques semaines plus tard, une liaison hebdomadaire Paris–Bruxelles est mise en place.

Les Lignes Aériennes Farman deviennent ensuite la Société Générale des Transports Aériens (SGTA). Leur réseau s’étend vers Londres, Bruxelles, Amsterdam, Cologne, Francfort, Berlin ou encore Copenhague.

Devenir : la SGTA est l’une des grandes compagnies réunies en 1933 pour former Air France.

1920–1933 — Franco-Roumaine puis CIDNA : la grande route de l’Est

Bernard 190T exploité par la CIDNA au début des années 1930
Bernard 190T, 1931 — appareil de la période CIDNA. Source : Wikimedia Commons / Annuaire de L’Aéronautique.

Fondée en 1920, la Compagnie Franco-Roumaine de Navigation Aérienne développe un réseau vers l’Europe centrale et orientale. Elle relie notamment la France à Prague, Varsovie, Bucarest et Constantinople.

En 1925, elle devient la Compagnie Internationale de Navigation Aérienne, ou CIDNA. Cette transformation reflète l’élargissement de son ambition : devenir un opérateur européen structuré.

Devenir : la CIDNA est absorbée dans la création d’Air France en 1933. Ses routes vers l’Est deviennent l’une des composantes du réseau de la nouvelle compagnie nationale.

1923–1933 — Air Union : Londres, Paris et les premiers vols de nuit

Farman Goliath F-AEGQ Gascogne d’Air Union
Air Union, Farman Goliath F-AEGQ « Gascogne ». Source : Wikimedia Commons.

Air Union naît en 1923 de la fusion de la Compagnie des Messageries Aériennes et de la Compagnie des Grands Express Aériens. Elle se spécialise notamment dans la liaison entre Paris et Londres et devient l’un des transporteurs français les plus visibles de l’entre-deux-guerres.

La compagnie est associée au développement des vols commerciaux de nuit, encore particulièrement difficiles à cette époque.

Devenir : Air Union rejoint la fusion de 1933. Une partie de sa flotte et de son réseau européen est reprise par Air France.

1929–1933 — Air Orient : Marseille, Saïgon et l’hippocampe ailé

Fokker F.VIIb/3m d’Air Orient survolant Damas
Fokker F.VIIb/3m d’Air Orient survolant Damas. Source : Wikimedia Commons / Ifpo.

Air Orient apparaît en 1929 par regroupement de sociétés déjà actives vers l’Asie. Son nom résume son ambition : ouvrir une route régulière vers le Levant, le Moyen-Orient puis l’Indochine.

La compagnie dessert notamment la ligne Marseille–Saïgon. Maurice Noguès joue un rôle central dans le développement de ces itinéraires.

Air Orient apporte aussi un symbole qui survivra longtemps : l’hippocampe ailé, adopté ensuite par Air France.

Devenir : Air Orient cesse d’exister comme compagnie autonome en 1933 et apporte à Air France son réseau oriental, une partie de ses équipes et son emblème.

1933 — Tout converge vers Air France

Wibault 283-T des débuts d’Air France
Wibault 283-T utilisé par Air France dans les années 1930. Source : Wikimedia Commons.

Au début des années 1930, le transport aérien français reste dispersé entre plusieurs compagnies aux réseaux complémentaires mais aux moyens limités. Sous l’impulsion du ministre de l’Air Pierre Cot, l’État pousse à leur rapprochement.

Le 30 août 1933, Air Orient, Air Union, les Lignes Farman/SGTA et la CIDNA sont regroupées au sein d’une nouvelle compagnie, bientôt rejointe par les actifs de l’Aéropostale. L’inauguration officielle d’Air France intervient le 7 octobre 1933 au Bourget.

La nouvelle compagnie hérite de réseaux très différents, d’une flotte hétérogène et de plusieurs cultures d’entreprise qu’elle doit désormais réunir.

Compagnie Période Héritage
Compagnie Générale Transaérienne 1909–années 1920 Première expérience française d’aviation commerciale organisée
Lignes Latécoère / Aéropostale 1918–1933 Afrique, Atlantique Sud et Amérique du Sud
Lignes Farman / SGTA 1919–1933 Réseau européen
Franco-Roumaine / CIDNA 1920–1933 Europe centrale et orientale
Air Union 1923–1933 Paris–Londres et vols de nuit
Air Orient 1929–1933 Moyen-Orient, Indochine et hippocampe ailé

Une histoire qui ne fait que commencer

En 1933, la France dispose enfin d’une compagnie capable de réunir les routes ouvertes par ses pionnières. Après la Seconde Guerre mondiale apparaîtront ou se développeront d’autres acteurs majeurs : TAI, UAT, UTA et Air Inter.

Ce sera le sujet du deuxième volet de cette série.

Sources principales

  • Air France — archives historiques sur les origines et la création de la compagnie.
  • Bibliothèque nationale de France — Compagnie franco-roumaine / CIDNA.
  • Wikimedia Commons — archives photographiques utilisées pour les illustrations, selon les licences indiquées sur chaque fichier.
Ne manquez pas l’essentiel de l’aviation.

Chaque dimanche, AeroSillage sélectionne 5 informations, enquêtes et analyses à retenir. Pas de remplissage, pas de spam.

Recevoir la newsletter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

AeroSillage le dimanche : 5 sujets aviation à retenir.Je m’abonne
L’aviation, sans le bruit.

Recevez chaque dimanche les 5 sujets AeroSillage à retenir.

Découvrir la newsletter