À quelques kilomètres de Porto-Vecchio et Bonifacio, Figari-Sud Corse est devenu l’un des aéroports les plus singuliers de France. Avec plus de 900 000 passagers en 2025 mais une activité extraordinairement saisonnière, la plateforme doit absorber chaque été un trafic sans commune mesure avec celui de l’hiver.
Un petit aéroport aux chiffres étonnants
En 2025, l’aéroport a accueilli 908 553 passagers, contre 869 612 en 2024, soit une progression de 4,48 %. Sur l’année, la plateforme a enregistré 8 154 vols commerciaux.
Le chiffre est remarquable pour un aéroport situé dans une zone relativement peu peuplée. L’explication tient essentiellement au tourisme : Figari dessert directement Porto-Vecchio, Bonifacio, les plages de Palombaggia, Santa Giulia, Rondinara et l’ensemble de l’Extrême-Sud corse.
Un trafic qui explose en haute saison
La principale caractéristique de Figari est sa saisonnalité. En décembre 2025, l’aéroport n’a accueilli que 21 172 passagers. En plein été, l’activité change complètement d’échelle.
Cette concentration impose des contraintes particulières : personnels, parkings avions, contrôles de sûreté, bagages, location de voitures et circulation routière doivent absorber en juillet et août une activité extrêmement dense.
Air Corsica, colonne vertébrale toute l’année
L’activité annuelle repose d’abord sur Air Corsica. La compagnie assure toute l’année les liaisons vers Paris-Orly, Marseille et Nice, qui structurent la continuité territoriale et les déplacements des résidents.
À partir du printemps et pendant l’été, le réseau s’élargit fortement. Le programme publié par l’aéroport pour 2026 fait apparaître des dessertes assurées par Air Corsica, Air France, easyJet, Volotea, Ryanair, British Airways, Lufthansa, Luxair, Edelweiss ou encore People’s.
L’été transforme complètement la plateforme
Le programme 2026 illustre bien cette transformation. Figari est relié à de nombreuses villes françaises comme Bordeaux, Brest, Caen, Lille, Lyon, Nantes, Strasbourg, Toulouse, Paris-CDG et Paris-Beauvais, en plus des lignes annuelles.
L’international est lui aussi bien présent avec Francfort, Londres-Gatwick, Londres-Heathrow, Genève, Zurich, Luxembourg, Milan ou encore Bruxelles.
C’est l’une des raisons du succès de Figari : les vacanciers peuvent rejoindre directement le sud de la Corse sans passer par Ajaccio ou Bastia puis effectuer plusieurs heures de route.
Paris reste un marché essentiel
Le marché parisien conserve une place structurante. Paris-Orly est desservi toute l’année par Air Corsica, tandis que Paris-CDG bénéficie de liaisons saisonnières assurées notamment par Air France et easyJet.
Ce développement correspond à une évolution du tourisme corse : de nombreux voyageurs privilégient désormais des séjours plus courts et recherchent un accès direct à leur destination finale.
L’international progresse
Figari n’est plus seulement connecté au continent français. La multiplication des liaisons européennes montre que l’aéroport s’inscrit désormais dans un marché touristique international.
Le potentiel est évident : Londres, Genève, Zurich, Francfort ou Milan offrent un accès direct à une clientèle étrangère à fort pouvoir d’achat, particulièrement intéressée par l’Extrême-Sud corse.
Un profil particulier : l’aviation d’affaires
Figari possède également une activité bien spécifique : l’aviation d’affaires. La proximité de Porto-Vecchio, Bonifacio, Cavallo et de nombreuses propriétés haut de gamme attire chaque été un nombre important de jets privés.
Lors de certains week-ends de juillet et août, cette activité renforce encore la pression sur les parkings avions et les infrastructures. Figari est alors à la fois un aéroport commercial régional et une porte d’entrée vers l’une des destinations les plus exclusives de Méditerranée.
Le million de passagers se rapproche
Avec 908 553 passagers en 2025, Figari n’est plus très loin du seuil symbolique du million de voyageurs annuels.
La progression de l’international, le développement des vols directs et l’attractivité touristique de l’Extrême-Sud pourraient lui permettre de franchir ce cap. Mais la croissance n’est pas illimitée : l’aéroport doit composer avec des infrastructures relativement compactes et surtout avec une concentration extrême du trafic sur quelques mois.
Le vrai défi : mieux répartir la saison
Pour Figari, l’enjeu n’est donc peut-être pas d’accueillir toujours plus d’avions en août. La croissance la plus intéressante serait celle du printemps et de l’automne.
Allonger la saison touristique permettrait d’améliorer la rentabilité des compagnies, de mieux utiliser les infrastructures et de réduire la pression pendant les semaines les plus chargées. Les dessertes européennes proposées d’avril à octobre vont précisément dans cette direction.
Une plateforme devenue stratégique pour le sud de la Corse
Figari-Sud Corse illustre parfaitement l’évolution du transport aérien touristique européen. Une plateforme de taille modeste peut attirer de nombreuses compagnies grâce à la puissance de sa destination.
Mais son succès crée aussi ses propres contraintes. À moins de 100 000 passagers du million annuel, Figari entre dans une nouvelle phase : grandir sans perdre l’équilibre d’un territoire dont l’attractivité constitue précisément sa principale richesse.
Illustration : vue réelle de l’aéroport de Figari-Sud Corse. Source : IGN / Wikimedia Commons, CC BY 2.0.
Sources principales
Aéroport de Figari-Sud Corse — statistiques officielles
Aéroport de Figari-Sud Corse — destinations et programme 2026
Aéroport de Figari-Sud Corse — compagnies aériennes
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