Les quatre grands aéroports de Moscou ont été soumis à des restrictions temporaires dans la nuit du 19 au 20 septembre 2026 après une attaque massive de drones contre la capitale russe. Domodedovo, Zhukovsky, Vnukovo et Sheremetyevo ont interrompu ou fortement limité les arrivées et les départs avant une levée des restrictions dimanche matin. Le trafic a repris, mais les retards, déroutements et modifications de programme ont continué à se répercuter sur les vols. Cet épisode intervient surtout dans un système aérien russe déjà profondément contraint depuis 2022 par la guerre en Ukraine, les sanctions internationales et un niveau de risque accru dans l’espace aérien russe.

Ce que l’on sait

Rosaviatsia, l’agence fédérale russe du transport aérien, a imposé successivement des restrictions à Domodedovo, Zhukovsky, Vnukovo et Sheremetyevo afin, selon elle, de garantir la sécurité des vols. Dimanche matin, l’agence a annoncé que les quatre plateformes pouvaient de nouveau recevoir et faire partir des appareils.

La reprise des opérations n’a pas pour autant effacé les perturbations accumulées pendant la nuit. Aeroflot a indiqué devoir ajuster son programme, avec des retards et des annulations possibles. Plusieurs vols internationaux ont aussi été affectés. Le TK407 de Turkish Airlines entre Istanbul et Vnukovo a notamment fait demi-tour, tandis qu’un vol Pegasus à destination de Moscou a été dérouté vers Saint-Pétersbourg. Des dizaines de rotations opérées par Turkish Airlines, Pegasus et AJet ont été retardées ou annulées autour de Vnukovo.

Sur le plan militaire, les autorités russes ont décrit l’attaque comme la plus importante jamais dirigée contre Moscou. Le maire Sergueï Sobianine a affirmé que 450 drones visant la capitale avaient été interceptés. Ces chiffres sont issus des autorités russes et ne peuvent pas tous être vérifiés indépendamment. Associated Press, Reuters et plusieurs médias russes ont cependant confirmé l’ampleur exceptionnelle de l’attaque ainsi que des dégâts touchant notamment une raffinerie et des bâtiments résidentiels. Deux civils ont été tués dans la région de Moscou, selon les autorités locales.

Pourquoi la perturbation ne se limite pas à quelques heures de fermeture

La particularité de l’épisode tient au fait que les quatre principales plateformes de la capitale ont été touchées au cours de la même séquence. Lorsqu’un seul aéroport ferme, une partie du trafic peut parfois être absorbée par les autres plateformes moscovites. Lorsque Domodedovo, Sheremetyevo, Vnukovo et Zhukovsky sont simultanément contraints, les possibilités de déroutement à proximité diminuent fortement et les compagnies doivent parfois envoyer leurs appareils vers des aéroports beaucoup plus éloignés, voire les faire revenir vers leur point de départ.

La réouverture ne signifie donc pas un retour instantané à la normale. Les avions peuvent être immobilisés au mauvais endroit, les équipages approcher leurs limites de temps de service et les créneaux de départ ou d’arrivée doivent être réorganisés. Une interruption de quelques heures peut ainsi désorganiser le programme d’une compagnie pendant une grande partie de la journée.

Un trafic russe déjà sous fortes contraintes depuis 2022

Cette nouvelle fermeture intervient dans un contexte aérien qui était déjà très différent de celui d’avant-guerre. Depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022, l’Union européenne interdit aux aéronefs russes d’atterrir dans ses aéroports ou de survoler son territoire. Elle interdit également l’exportation vers la Russie d’avions, de pièces détachées et de technologies aéronautiques ainsi que certains services d’entretien, d’assurance et d’assistance technique liés à ces équipements.

Ces mesures ont réduit les possibilités de liaison entre la Russie et l’espace européen et ont compliqué l’exploitation à long terme d’une flotte russe dont une grande partie est d’origine occidentale. Les aéroports de Moscou restent toutefois reliés à de nombreux marchés hors Union européenne. AeroSillage avait par exemple récemment suivi le rétablissement de la liaison Dar es Salaam–Moscou par Air Tanzania, illustration de l’importance persistante des transporteurs non européens dans la connectivité internationale de la Russie.

À cette contrainte économique et réglementaire s’ajoute désormais une contrainte de sécurité de plus en plus visible. L’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne maintient un bulletin actif concernant l’espace aérien de la Fédération de Russie à l’ouest du 60e méridien Est, qui comprend notamment la région d’information de vol de Moscou. Sa validité a été prolongée jusqu’au 31 janvier 2027. L’EASA recommande aux opérateurs concernés d’éviter ces zones en raison des risques liés au conflit.

Ce que cela change pour les compagnies et les passagers

Pour les compagnies qui continuent de desservir Moscou, le problème n’est donc plus seulement de planifier une route dans un marché soumis aux sanctions. Elles doivent aussi pouvoir réagir à des fermetures décidées avec très peu de préavis. Cela suppose davantage de carburant de déroutement, des solutions de repli, une gestion plus complexe des équipages et parfois la possibilité d’annuler une rotation au dernier moment.

Pour les voyageurs, cette nouvelle couche d’incertitude augmente le risque de correspondances manquées et de modifications tardives. Un vol peut être maintenu au départ puis dérouté quelques heures plus tard si les restrictions changent pendant le trajet. Les passagers à destination ou au départ de Moscou ont donc intérêt à vérifier le statut de leur vol directement auprès de leur compagnie jusqu’au moment du départ.

L’épisode du 20 septembre montre ainsi que les aéroports moscovites ne sont pas seulement confrontés à une perturbation ponctuelle. Les attaques de drones ajoutent une contrainte opérationnelle supplémentaire à un système aérien déjà remodelé par plus de quatre années de guerre, de sanctions et de restrictions de sécurité.

À surveiller

Les prochaines heures permettront de mesurer la vitesse à laquelle les compagnies absorbent les retards accumulés et repositionnent leurs appareils. De nouvelles restrictions restent possibles si d’autres alertes sont déclenchées autour de Moscou. Il faudra également surveiller les décisions des transporteurs étrangers qui desservent la capitale russe et l’éventuelle adaptation de leurs programmes si les fermetures temporaires deviennent encore plus fréquentes.

Sources principales

Ne manquez pas l’essentiel de l’aviation.

Chaque dimanche, AeroSillage sélectionne 5 informations, enquêtes et analyses à retenir. Pas de remplissage, pas de spam.

Recevoir la newsletter
Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

AeroSillage le dimanche : 5 sujets aviation à retenir.Je m’abonne
L’aviation, sans le bruit.

Recevez chaque dimanche les 5 sujets AeroSillage à retenir.

Découvrir la newsletter