L’Algérie a fermé son espace aérien aux aéronefs civils et militaires immatriculés aux Émirats arabes unis à compter de ce vendredi 11 septembre 2026 à 00 h 00. La mesure intervient quelques heures après la rupture des relations diplomatiques entre Alger et Abou Dhabi et constitue une conséquence immédiate pour l’aviation.
Le ministère algérien de la Défense nationale a annoncé que la fermeture concernait les appareils immatriculés aux Émirats arabes unis, qu’ils soient civils ou militaires, lorsqu’ils sont en provenance ou à destination de ce pays. L’annonce a été relayée par l’Agence Presse Service (APS), média public algérien.
Une exception importante est toutefois prévue : les vols commerciaux civils émiratis à destination et au départ de l’aéroport international Houari-Boumédiène d’Alger peuvent continuer à être opérés jusqu’à la fin de l’année 2026, date indiquée comme échéance du contrat en vigueur.
Une mesure directement liée à la rupture diplomatique
La fermeture de l’espace aérien intervient dans la foulée de la décision de l’Algérie de rompre ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis. Le ministère algérien des Affaires étrangères a accusé Abou Dhabi d’« agissements provocateurs ou hostiles », sans détailler publiquement un événement unique à l’origine de la rupture.
Reuters et l’Associated Press ont confirmé la rupture diplomatique. Reuters a également rapporté la décision de fermeture de l’espace aérien aux appareils émiratis. La mesure peut affecter des vols de repositionnement, des opérations non commerciales et certaines trajectoires utilisant l’espace aérien algérien, même si les liaisons commerciales émiraties vers Alger bénéficient temporairement d’une dérogation.
Emirates maintenue temporairement à Alger
Emirates dessert actuellement Alger depuis Dubaï en Boeing 777-300ER. La dérogation annoncée par Alger permet donc à cette liaison de se poursuivre pour le moment. Les autres opérateurs ou mouvements d’aéronefs immatriculés aux Émirats devront en revanche respecter la nouvelle restriction.
Des liaisons vers le Maroc, le Portugal et l’Espagne affectées
La fermeture de l’espace aérien algérien aux appareils immatriculés aux Émirats arabes unis concerne plusieurs liaisons régulières vers l’ouest de la Méditerranée. Les routes les plus directement exposées sont Dubaï–Casablanca avec Emirates et Abu Dhabi–Casablanca avec Etihad Airways : les trajectoires observées traversent régulièrement l’Algérie pendant environ une heure. S’ajoutent Abu Dhabi–Malaga, Abu Dhabi–Lisbonne et Dubaï–Lisbonne, pour lesquelles l’espace algérien peut être utilisé selon le routage du jour.
D’autres lignes doivent également être surveillées. Dubaï–Madrid avec Emirates a emprunté l’espace aérien algérien sur plusieurs vols observés en 2026, notamment au retour vers Dubaï. Barcelone–Abu Dhabi avec Etihad a également traversé l’Algérie sur une partie des rotations enregistrées. En revanche, les trajectoires récentes de Dubaï–Barcelone avec Emirates passent généralement plus au nord et ne montrent pas d’utilisation régulière de l’espace algérien.
Combien de temps peuvent ajouter les détours ?
Le survol de l’Algérie représentait environ 60 à 66 minutes sur les liaisons vers Casablanca observées récemment. Éviter totalement le territoire algérien ne signifie toutefois pas ajouter une heure entière au temps de vol : les appareils peuvent contourner par la Méditerranée au nord, ou adopter un autre corridor selon les restrictions disponibles. Pour Casablanca, un détour par le nord de l’Algérie puis la péninsule Ibérique peut ajouter de l’ordre de 35 à 55 minutes dans des conditions normales. Pour Lisbonne et Malaga, où le passage algérien est plus variable et parfois plus périphérique, la rallonge est plutôt estimée à 15 à 35 minutes. Pour Madrid et Barcelone, lorsqu’un plan de vol aurait utilisé l’Algérie, l’impact peut rester limité à environ 10 à 25 minutes.
Ces valeurs restent des estimations : le temps réellement ajouté dépend du sens du vol, des vents, des créneaux de contrôle aérien, des autres espaces fermés ou évités et du corridor attribué le jour du départ. Elles permettent néanmoins d’évaluer l’ordre de grandeur opérationnel de la fermeture algérienne pour Emirates et Etihad.
Dubaï–Casablanca : un impact direct
La principale liaison régulière d’Emirates directement exposée à cette fermeture est la route Dubaï–Casablanca, assurée par les vols EK751 et EK752. Les trajectoires récentes de cette ligne traversent habituellement l’espace aérien algérien pendant environ une heure. Depuis l’entrée en vigueur de l’interdiction, les appareils immatriculés aux Émirats opérant entre Dubaï et Casablanca doivent donc contourner l’Algérie.
À ce stade, Emirates n’a pas annoncé la suspension de la liaison avec Casablanca : les vols restent programmés. L’impact attendu porte d’abord sur la trajectoire, avec un allongement possible du temps de vol et une consommation de carburant supérieure selon le routage retenu. La liaison Dubaï–Alger, elle, reste explicitement autorisée à titre dérogatoire jusqu’à la fin de l’année 2026.
À ce stade, aucune fermeture générale de l’espace aérien algérien n’est annoncée : la mesure vise spécifiquement les aéronefs immatriculés aux Émirats arabes unis selon les conditions précisées par les autorités algériennes.
Sources : Algérie Presse Service (APS) ; Reuters ; Associated Press.
Photo : Boeing 777-300ER d’Emirates, image d’illustration. Md Shaifuzzaman Ayon / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
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